Petite illustration avant les définitions.

Quatre mille ans d’histoire juive prennent vie dans « Histoire visuelle de la Palestine » d’Arthur Szyk, achevée par l’artiste en 1948, année de la création de l’État d’Israël, et imprimée en 1949.
Le roi biblique David (en haut à gauche) et son fils, le roi Salomon (en haut à droite), tenant une copie du « Cantique des Cantiques », flanquent trois personnages bibliques célèbres : le guerrier Hour, Moïse le libérateur et son frère et grand prêtre, Aaron.
L’étoile bleue de David domine l’estampe, avec la « Couronne du Bon Nom » directement au-dessus, et la maxime d’ Hillel « Si je ne suis pas pour moi-même, qui le sera pour moi ? » en dessous. Les grappes de raisin symbolisent l’abondance et la productivité historiques de la terre. Il s’agit d’une référence directe aux gros raisins que Josué et Caleb ont rapportés après un bref voyage d’espionnage au pays de Palestine, avant que Josué ne conduise les Moabites en Canaan. L’expression « Le temps de notre liberté » apparaît également avec l’étoile, faisant référence à la délivrance des Israélites d’Égypte.
Bar Kochba est assis à gauche de l’étoile. Il a mené une révolte temporairement victorieuse contre les Romains 65 ans après qu’ils aient détruit le Saint Temple de Jérusalem en Palestine (en 70 après J.-C.). Son bouclier arbore l’étoile de David, qui symbolise la sécurité et la force de Dieu. Le prophète Ezéchiel est assis à droite. Il a prédit le retour des Juifs dans leur patrie après leurs 70 années de captivité à Babylone.
Les deux tablettes contenant les Dix Commandements ancrent la partie inférieure, flanquées à droite par le bâtisseur pionnier (chalutz) et à gauche par le soldat de la Brigade juive. L’activité des deux a été essentielle au bien-être et au succès de la Palestine, surtout depuis 1948. Les oranges à côté du soldat, maintenant exportées dans le monde entier, reflètent les raisins du côté opposé en tant qu’expression contemporaine de la réussite d’Israël. Deux féroces Lions de Juda sont assis de part et d’autre de la base du Décalogue.
L’écriture en hébreu au-dessus et en dessous de Bar Kochba et d’Ézéchiel proclame : « Loué sois-Tu, Dieu, notre Dieu, Roi de l’Univers, qui nous a gardés en vie, nous a soutenus et nous a permis de commémorer ce temps ». Cette prière pour la nouveauté et la célébration fait référence à la bénédiction de la création du nouvel État d’Israël.
L’organisation historique de la Palestine en douze tribus est représentée tout au long du tableau par les douze symboles jaunes, un pour chacune des douze tribus. Disséminés entre les quatre colonnes verticales, ces signes des tribus intègrent la composition tout comme les tribus qu’ils symbolisent représentaient le cœur de la nation de l’ancien Israël il y a longtemps.
La série « Histoire visuelle des nations » se compose de neuf histoires visuelles magnifiquement illuminées et brillamment conçues, consacrées à des pays fondateurs et membres sélectionnés des Nations Unies. Cette série d’images a été commandée en 1945 par le philatéliste canadien Kasimir Bileski et initialement appelée « La série des Nations Unies ». Chaque estampe a été créée comme un frontispice et une page de titre exquis pour un album international unique de timbres. Toutes les images reflètent le génie artistique du plus grand enlumineur miniaturiste du XXe siècle.
Sur les quelque soixante images colorées et très détaillées commandées par Bileski, seuls neuf pays ont été achevés et imprimés avant la mort subite de Szyk en 1951.
Définitions
Selon l’Académie Française
« I. Anciennement.
Groupe de personnes possédant une origine commune. Spécialement en religion : marque de domaine. Parfois avec la majuscule. Les nations, nom par lequel on désigne dans l’Écriture les peuples païens, par opposition au peuple élu.
II. Communauté dont les membres sont unis par le sentiment d’une même origine, d’une même appartenance, d’une même destinée. »
Selon le Lexique des termes juridiques 32e édition 2024-2025 − Dalloz
« Nation [Droit constitutionnel] Groupement humain dont les membres ont entre eux des affinités tenant à des éléments communs à la fois objectifs (origine ethnique, langue, religion, mode de vie) et subjectifs (histoire commune, sentiment de parenté spirituelle, désir de vivre ensemble) qui les unissent et les distinguent des autres groupements nationaux. L’intensité de ces liens de solidarité nationale a conduit à la formation de l’État-nation ; forme d’État dont la pratique montre qu’il assure seul une continuité véritable (cf. les problèmes de l’ex-URSS ou de l’ex-Yougoslavie, ou encore la réunification allemande). »
Selon le Dictionnaire du vocabulaire juridique 2024 − 15e édition − LexisNexis
« [Relations internationales] Communauté humaine solidaire, partageant une histoire, des valeurs, des croyances, une culture, (…), et pouvant être dispersée dans plusieurs États. »
Nation — sens religieux
En tradition religieuse, la « nation » désigne un groupe de personnes liées par une même origine divine ou spirituelle, souvent identifié comme les peuples païens de l’Écriture opposés au peuple élu. Elle renvoie à une communauté marquée par une foi ou une croyance commune, parfois exprimée par une majuscule (« Les Nations ») pour souligner son caractère sacré.
Nation — sens juridique
Dans le droit constitutionnel, la nation est un groupement humain dont les membres partagent des éléments objectifs (origine ethnique, langue, religion, mode de vie) et subjectifs (histoire commune, sentiment de parenté spirituelle, volonté de vivre ensemble). Ces liens de solidarité constituent la base de l’État‑nation, c’est‑à‑dire d’un État qui se veut l’expression politique unique et continue de cette communauté.
Définition générale
De façon plus large, la nation est une communauté humaine solidaire qui partage une histoire, des valeurs, des croyances et une culture communes. Elle peut s’étendre au-delà des frontières étatiques, regroupant des populations dispersées dans plusieurs États tout en conservant un sentiment d’appartenance collective.
Ainsi quand le mot sera utilisé avec un « N » majuscule, il faudra entendre la Nation comme un peuple réuni autour d’une foi ou d’une croyance en opposition au peuple élu. À défaut d’une majuscule cela renverra à un groupe partageant des éléments communs qui les unissent et les distinguent des autres groupes nationaux.