Étiquette : Religion

  • « Le consensus néolibéral a fini par tuer l’espoir en politique » par George Monbiot

    Résumé

    George Monbiot, essayiste britannique, critique le néolibéralisme, une idéologie qui a réussi à faire croire que les choix politiques sont subordonnés aux décisions économiques. Ce système, en remplaçant le choix politique par le choix économique, conduit à l’oligarchie et affaiblit la démocratie. Monbiot explique que le consensus néolibéral des grands partis a tué l’espoir en politique, permettant l’émergence de leaders autoritaires et populistes comme Donald Trump et Javier Milei. Ces leaders, soutenus par des “capitalistes seigneurs de guerre”, cherchent à démolir les services publics et à instaurer un pouvoir privé. Monbiot souligne que le néolibéralisme a favorisé l’apathie politique en désenchantant la politique et en individualisant les responsabilités. Pour contrer cela, il appelle à un effort collectif pour proposer un récit alternatif, en s’inspirant notamment des pays du Sud global.

  • La Religion

    La Religion est un thème complexe à aborder. Commençons par des définitions.

    Définition de l’Académie Française

    « 1. Ensemble de relations qu’établissent et entretiennent les individus avec des forces ou des êtres auxquels ils attribuent une réalité surnaturelle et un caractère sacré. Science et religion. Philosophie de la religion. « La religion est l’opium du peuple », expression tirée de la Contribution à la critique de la philosophie du droit de Hegel, de Karl Marx.

    • Par extension. Système de croyances et de pratiques spirituelles propres à une communauté dont les membres partagent la même foi. Embrasser, adopter, professer, pratiquer une religion. Abjurer, renier sa religion. Les croyants, les fidèles d’une religion. Les ministres d’une religion. L’histoire des religions. Le Proche-Orient est considéré comme un carrefour de religions.
    • Religion monothéiste, polythéiste. Religion animiste, fétichiste. La religion des anciens Égyptiens, des Grecs, des Romains, des Celtes. Religions à mystères, voir MystèreLa religion des Incas, des Mayas.
    • La religion chrétienne, du Christ ou de Jésus-Christ. La religion juive, judaïque, israélite, la religion de Moïse. La religion musulmane, islamique, la religion de Mahomet. La religion védique, brahmanique, hindoue.
    • Au sein du christianisme. Les religions catholique, orthodoxe, protestante. La religion anglicane. La religion réformée, désigne, à partir du XVIe siècle, le protestantisme et en particulier le calvinisme (on a dit aussi péjorativement, au XVIIe siècle, la religion prétendue réformée ou, par abréviation, la R.P.R.). Religion luthérienne ou de Luther, calviniste ou de Calvin.
    •  Loc. Religion révélée, dont les dogmes sont fondés sur la manifestation directe de la pensée et de la volonté de Dieu. Religions du Livre, désigne, dans la langue courante, les religions fondées sur des textes sacrés contenant une révélation. Le judaïsme, le christianisme et l’islam sont dits religions du Livre. Religion d’État, reconnue comme officielle par un État qui lui confère un statut privilégié, voire exclusif.
    • S’emploie aussi au sens de Piété, dévotion. Avoir de la religion. C’est un homme sans religion, qui a beaucoup de religion.

      Titre célèbre : Les Deux Sources de la morale et de la religion, d’Henri Bergson (1932).

    2. Absolument. Désignait naguère le catholicisme, la foi catholique, par opposition aux croyances de ceux qui, ne reconnaissant pas la foi de l’Église, étaient jugés hérétiques, infidèles, ou par opposition à l’athéisme, ou au libertinage au sens classique du terme. Ce prince fut le rempart de la religion. Les serviteurs de la religion, de la vraie religion. S’écarter de la religion. Il a été élevé dans la religion. Les secours de la religion, les sacrements. Il est mort privé des secours de la religion.

    • Avec une majuscule, a parfois désigné le protestantisme. Il est de la Religion. Marque de domaine : histoire. Les guerres de Religion, les luttes armées qui opposèrent catholiques et protestants dans la seconde moitié du XVIe siècle en France.
    • Avec une majuscule, a parfois désigné le protestantisme. Il est de la Religion. Marque de domaine :histoire. Les guerres de Religion, les luttes armées qui opposèrent catholiques et protestants dans la seconde moitié du XVIe siècle en France.
    • S’emploie encore aujourd’hui pour désigner l’état des religieux qui ont fait vœu de consacrer leur vie à Dieu en suivant une règle approuvée par l’Église. Entrer en religion. Vœux de religion, voir VœuNom de religion, que les religieux et religieuses prennent ou reçoivent en entrant dans certains ordres. Edith Stein prit comme nom de religion celui de sœur Thérèse Bénédicte de la Croix. Par métonymie. Très vieilli. Maison religieuse, monastère, couvent. Prêcher dans des religions. A aussi désigné l’ordre de Malte. Ce chevalier avait servi longtemps la religion. Les galères de la religion.

    3. Par analogie. Système spéculatif construit autour de la notion d’Être suprême. Religion naturelle, expression employée au XVIIIe siècle pour désigner, par opposition aux religions établies, une doctrine selon laquelle, par le libre exercice de sa raison et indépendamment de toute révélation, l’homme postule nécessairement l’existence d’un Dieu créateur et providentiel, l’immortalité de l’âme, le caractère infaillible de la conscience morale. La croyance en la loi naturelle est un des fondements de la religion naturelle. La religion positiviste ou religion de l’Humanité, au XIXe siècle, système d’Auguste Comte et de ses disciples instaurant une religion universelle qui accueillerait tous ceux qui contribuent au progrès et rendrait un culte au « Grand-Être », terme désignant l’ensemble de la société humaine. Au XXe siècle, on a employé l’expression « religion séculière » pour désigner certaines idéologies politiques.

    4. Fig. Sentiment de respect, d’obligation scrupuleuse envers ce à quoi on confère une valeur suprême, un caractère presque sacré. Avoir la religion du travail, de l’amitié. Il observe avec religion toutes vos prescriptions. Expr. Se faire une religion de quelque chose ou, vieilli, faire, se faire un point de religion de quelque chose, s’en faire un devoir rigoureux. Il tient au secret, il en fait un point de religion.

    • Par extension. Avis, opinion. Ma religion est faite sur ce point. Éclairer la religion du tribunal, lui apporter les précisions qui permettent de juger en connaissance de cause. Ce nouveau témoignage a ébranlé la religion des juges. »

    Définition du Lexique de sociologie – 6e édition – Dalloz – 2020

    Religion

    « En sociologie il existe plusieurs conceptions de la religion.

    L’analyse de la religion élaborée par Karl Marx est à la fois sociologique, philosophique et politique. Pour lui la religion est « la conscience inversée du monde ». C’est une « théorie générale de ce monde », mais une théorie mystifiée, une composante de l’idéologie. La religion a donc un caractère contradictoire : elle exprime la réalité des souffrances et des aspirations des hommes et elle contribue à leur aliénation :

    « La détresse religieuse est, pour une part, l’expression de la détresse réelle et, pour une autre, la protestation contre la détresse réelle. La religion est le soupir de la créature opprimée, l’âme d’un monde sans coeur, comme elle est l’esprit des conditions sociales d’où l’esprit est exclu. Elle est l’opium du peuple ».

    La formule « la religion est l’opium du peuple » à laquelle on réduit trop souvent la pensée de Karl Marx est donc une simplification abusive de son analyse du fait religieux. Selon Émile Durkheim, la religion est un

    « système solidaire de croyances et de pratiques relatives à des choses sacrées, c’està dire séparées, interdites, croyances et pratiques qui unissent en une même communauté morale appelée Église, tous ceux qui y adhèrent ».

    Pour lui, la religion est l’expression de la transcendance du social :

    « La société a tout ce qu’il faut pour éveiller dans les esprits, par la seule action qu’elle exerce sur eux, la sensation du divin […] la force religieuse n’est que le sentiment que la collectivité inspire à ses membres, mais projeté hors des consciences qui l’éprouvent et objectivé ».

    Max Weber, pour sa part, se refuse à définir une essence du religieux; pour lui la religion est « une espèce particulière de façon d’agir en communauté ». Pour Danièle Hervieu-Léger, une religion est une « modalité particulière du croire qui a en propre d’en appeler à l’autorité légitimatrice d’une tradition ». Jean-Paul Willaime propose la définition suivante : la religion est « une communication symbolique régulière par rites et croyances se rapportant à un charisme fondateur et générant une filiation ».

    ➜ Croyance, Église, Fondamentalisme, Groupement hiérocratique, Intégrisme, Mana, Numineux, Profane, Radicalisme religieux, Recomposition du religieux, Rite, Sacré, Secte.

    Religion civile

    Pour Jean Jacques Rousseau, dogme sur lequel doit être fondée une société républicaine. Cette notion est fondamentalement attachée à celle de laïcité. Pour Rousseau, toute société « ne saurait être édifiée sans l’appui d’une transcendance », qui dans une société républicaine doit reposer sur une « profession de foi purement civile dont il appartient au souverain de fixer les articles, non pas précisément comme dogme de religion, mais comme sentiment de sociabilité sans lesquels il est impossible d’être bon citoyen ». Chez Rousseau, la religion civile constitue donc le fondement du contrat social. Pour illustrer cette nécessité de laïcisation des sociétés républicaines, Rousseau évoque l’exemple du mariage qui selon lui doit être exclusivement « un contrat civil ayant des effets civils ». Si cette institution devait être le monopole d’un clergé celui-ci détiendrait les clés de l’intégration sociale en décidant de qui peut et de qui ne peut pas se marier.

    ➜ Républicanisme, République. »

    Définition du Lexique de science politique
    – 4e édition – Dalloz – 2017

    Religion civile

    « [Idées po] Expression désignant l’ensemble de valeurs universelles accessibles à tous et constitutives de l’adhésion des citoyens à la communauté politique.

    Dans la pensée philosophique la religion civile renvoie ainsi au socle des valeurs fondamentales partagées permettant de renforcer l’unité sociale de pacifier la vie politique et de promouvoir l’exercice de la souveraineté.

    Forgée par Rousseau la notion a connu aux XIXe et XXe siècles un grand succès dans la réflexion politique en particulier en France où les valeurs autour desquelles se construit l adhésion des citoyens à la vie républicaine s articulent depuis la fin du XIXe siècle au modèle de la laïcité et aux États Unis où la religion civile prend plutôt la forme d un consensus moral associant l’héritage du christianisme le respect de la pluralité des croyances philosophiques et religieuses et l’adhésion aux valeurs fondatrices de la nation américaine en particulier la liberté.

    Religion et politique [Socio po]

    Les religions sont des systèmes de croyances de pratiques et d’institutions concernant le sacré. Elles ne se limitent pas à la dimension individuelle de la foi. Elles relient (religare) l’individu au sacré mais aussi les croyants entre eux.

    E Durkheim (1912) a fait de cette dimension sociale horizontale et collective un aspect majeur de la religion en faisant l’hypothèse que les dieux ne sont que l’expression symbolique de la société. Du fait de cette dimension collective la religion touche inévitablement au politique. M Weber dresse un parallèle entre groupements politiques et groupements hiérocratiques dans les deux cas le pouvoir repose sur le sacré et la contrainte psychique par dispensation ou refus des biens spirituels du salut (Économie et société 1921).

    La place de la religion est centrale dans les sociétés dites traditionnelles. Mais elle peut aussi jouer un rôle assez fort dans les sociétés sécularisées comme aux États Unis où la religion reste omniprésente dans la vie politique (ex les présidents prêtent serment sur la Bible et évoquent Dieu dans presque tous leurs discours), où une grande partie du vote conservateur s’appuie sur la promotion de convictions religieuses et où les organisations religieuses n’hésitent ni à soutenir les campagnes électorales ni à s’impliquer dans des débats de société appelant des choix politiques (ex contraception avortement divorce peine de mort etc).

    Plusieurs dimensions contribuent au lien entre religion et politique. La première est celle du contrôle exercé par les élites religieuses. Ainsi A Siegfried (1913) analyse-t-il le vote de droite dans la France de l’Ouest sous la IIIe République comme un héritage de la domination du clergé allié à la noblesse sur des paysans isolés. Mais on peut aussi envisager la religion comme une idéologie de rechange pour P Bois (1971) : les paysans déçus par la Révolution française, se sont reconnus dans les prêtres hostiles à la Révolution plus qu’ils n’étaient manipulés par ces derniers. Réinvestir la religion peut ainsi être une façon d’exprimer des mécontentements sociaux ce qui contribue en retour à la construction des identités politiques (ex le développement de l’islam radical suite à l’échec des nationalismes arabes).

    On peut enfin envisager la religion comme un élément central de la formation des cultures politiques. Pour G Michelat et M Simon (1977) les religions transmettent des valeurs par la socialisation. Ainsi le catholicisme entretient-il une conception de la société valorisant la personne humaine, la famille, le patrimoine et la tradition d’où la corrélation en France dans les comportements de vote entre la pratique régulière de la religion catholique et le vote conservateur. Nombre de religions selon qu’elles transmettent des valeurs plus hiérarchiques ou à l’inverse de justice sociale alimentent les croyances politiques. Elles peuvent contribuer à un vote sur critères religieux.

    Si la religion est un élément majeur de la formation des cultures politiques, on ne peut toutefois opposer des blocs culturels et religieux dont les écarts seraient considérés comme irréductibles. Parce qu’elle néglige la diversité et les contradictions internes des grands ensembles religieux mondiaux, la thèse du Choc des civilisations de S Huntington apparaît à cet égard contestable.

    ➜ Catholicisme et politique Christianisme et politique Islam et politique Judaïsme et politique Protestantisme et politique Cléricalisme Démocratie chrétienne Droit divin Gallicanisme Guerres de Religion Laïcité Sécularisation Spirituel et Temporel Théocratie. »

    Synthétisons

    La Religion se définit alors comme un ensemble de croyances et de valeurs qu’un groupe d’individus reliés entre eux – liens horizontaux – partage et ce même groupe d’individus croit dans quelque chose de plus grand qu’eux – lien vertical. La Religion est donc un ensemble de règles, de mythes, de croyances permettant de relier un groupe de personnes autour d’une puissance supérieure qui les transcende et dépasse. Il y a alors deux approches : la Religion avec une ou plusieurs divinités et la Religion laïque dite la religion civile.

    Les religions divines et athéistes sont des religions faciles à repérer : il s’agit de la croyance d’un groupe d’individus soumis à des règles, des croyances et des mythes communs avec une divinité supérieure et unique qui les gouverne : ce sont des religions monothéistes, si le groupe admet plusieurs divinités ce sont alors des religions polythéistes ou pour finir une absence de divinité ce sont les religions athéistes. Exemple : l’Église Romaine Catholique.

    La religion civile est une religion indifférente à la notion du divin. Elle est laïque. Elle a ses propres règles (les Lois, des Constitutions, etc.), une croyance (Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyens…), un ou des dogmes (le libéralisme, le communisme, le socialisme, le bloc de constitutionnalité…), une population qu’elle soumet, un territoire, une puissance matérielle et formelle (l’État et ses fonctionnaires, etc.). Elle n’a pas de mythe mais une Histoire et/ou une mémoire (la Saint Barthélémy, la Shoah…). C’est le cas du Républicanisme, de la croyance de l’État, du Scientisme, etc. Cette religion peut se doter d’une ou plusieurs nations. Elle s’incarne généralement sous la forme d’un État, d’Ordre, etc.

    Ainsi, le champs de réflexion sur la Religion est large, cela peut recouvrir notamment : l’idéologie politique, du Droit et l’État comme le fait de la croyance, du divin, de la théologie et la spiritualité commune et individuelle.

  • La Nation

    Petite illustration avant les définitions.

    Quatre mille ans d'histoire juive prennent vie dans "Histoire visuelle de la Palestine" d'Arthur Szyk, achevée par l'artiste en 1948, année de la création de l'État d'Israël, et imprimée en 1949.

Le roi biblique David (en haut à gauche) et son fils, le roi Salomon (en haut à droite), tenant une copie du "Cantique des Cantiques", flanquent trois personnages bibliques célèbres : le guerrier Hour, Moïse le libérateur et son frère et grand prêtre, Aaron.

L'étoile bleue de David domine l'estampe, avec la "Couronne du Bon Nom" directement au-dessus, et la maxime d' Hillel "Si je ne suis pas pour moi-même, qui le sera pour moi ?" en dessous. Les grappes de raisin symbolisent l'abondance et la productivité historiques de la terre. Il s'agit d'une référence directe aux gros raisins que Josué et Caleb ont rapportés après un bref voyage d'espionnage au pays de Palestine, avant que Josué ne conduise les Moabites en Canaan. L'expression "Le temps de notre liberté" apparaît également avec l'étoile, faisant référence à la délivrance des Israélites d'Égypte.

Bar Kochba est assis à gauche de l'étoile. Il a mené une révolte temporairement victorieuse contre les Romains 65 ans après qu'ils aient détruit le Saint Temple de Jérusalem en Palestine (en 70 après J.-C.). Son bouclier arbore l'étoile de David, qui symbolise la sécurité et la force de Dieu. Le prophète Ezéchiel est assis à droite. Il a prédit le retour des Juifs dans leur patrie après leurs 70 années de captivité à Babylone.

Les deux tablettes contenant les Dix Commandements ancrent la partie inférieure, flanquées à droite par le bâtisseur pionnier (chalutz) et à gauche par le soldat de la Brigade juive. L'activité des deux a été essentielle au bien-être et au succès de la Palestine, surtout depuis 1948. Les oranges à côté du soldat, maintenant exportées dans le monde entier, reflètent les raisins du côté opposé en tant qu'expression contemporaine de la réussite d'Israël. Deux féroces Lions de Juda sont assis de part et d'autre de la base du Décalogue.

L'écriture en hébreu au-dessus et en dessous de Bar Kochba et d'Ézéchiel proclame : "Loué sois-Tu, Dieu, notre Dieu, Roi de l'Univers, qui nous a gardés en vie, nous a soutenus et nous a permis de commémorer ce temps". Cette prière pour la nouveauté et la célébration fait référence à la bénédiction de la création du nouvel État d'Israël.

L'organisation historique de la Palestine en douze tribus est représentée tout au long du tableau par les douze symboles jaunes, un pour chacune des douze tribus. Disséminés entre les quatre colonnes verticales, ces signes des tribus intègrent la composition tout comme les tribus qu'ils symbolisent représentaient le cœur de la nation de l'ancien Israël il y a longtemps.

La série "Histoire visuelle des nations" se compose de neuf histoires visuelles magnifiquement illuminées et brillamment conçues, consacrées à des pays fondateurs et membres sélectionnés des Nations Unies. Cette série d'images a été commandée en 1945 par le philatéliste canadien Kasimir Bileski et initialement appelée "La série des Nations Unies". Chaque estampe a été créée comme un frontispice et une page de titre exquis pour un album international unique de timbres. Toutes les images reflètent le génie artistique du plus grand enlumineur miniaturiste du XXe siècle.

Sur les quelque soixante images colorées et très détaillées commandées par Bileski, seuls neuf pays ont été achevés et imprimés avant la mort subite de Szyk en 1951.

    Quatre mille ans d’histoire juive prennent vie dans « Histoire visuelle de la Palestine » d’Arthur Szyk, achevée par l’artiste en 1948, année de la création de l’État d’Israël, et imprimée en 1949.

    Le roi biblique David (en haut à gauche) et son fils, le roi Salomon (en haut à droite), tenant une copie du « Cantique des Cantiques », flanquent trois personnages bibliques célèbres : le guerrier Hour, Moïse le libérateur et son frère et grand prêtre, Aaron.

    L’étoile bleue de David domine l’estampe, avec la « Couronne du Bon Nom » directement au-dessus, et la maxime d’ Hillel « Si je ne suis pas pour moi-même, qui le sera pour moi ? » en dessous. Les grappes de raisin symbolisent l’abondance et la productivité historiques de la terre. Il s’agit d’une référence directe aux gros raisins que Josué et Caleb ont rapportés après un bref voyage d’espionnage au pays de Palestine, avant que Josué ne conduise les Moabites en Canaan. L’expression « Le temps de notre liberté » apparaît également avec l’étoile, faisant référence à la délivrance des Israélites d’Égypte.

    Bar Kochba est assis à gauche de l’étoile. Il a mené une révolte temporairement victorieuse contre les Romains 65 ans après qu’ils aient détruit le Saint Temple de Jérusalem en Palestine (en 70 après J.-C.). Son bouclier arbore l’étoile de David, qui symbolise la sécurité et la force de Dieu. Le prophète Ezéchiel est assis à droite. Il a prédit le retour des Juifs dans leur patrie après leurs 70 années de captivité à Babylone.

    Les deux tablettes contenant les Dix Commandements ancrent la partie inférieure, flanquées à droite par le bâtisseur pionnier (chalutz) et à gauche par le soldat de la Brigade juive. L’activité des deux a été essentielle au bien-être et au succès de la Palestine, surtout depuis 1948. Les oranges à côté du soldat, maintenant exportées dans le monde entier, reflètent les raisins du côté opposé en tant qu’expression contemporaine de la réussite d’Israël. Deux féroces Lions de Juda sont assis de part et d’autre de la base du Décalogue.

    L’écriture en hébreu au-dessus et en dessous de Bar Kochba et d’Ézéchiel proclame : « Loué sois-Tu, Dieu, notre Dieu, Roi de l’Univers, qui nous a gardés en vie, nous a soutenus et nous a permis de commémorer ce temps ». Cette prière pour la nouveauté et la célébration fait référence à la bénédiction de la création du nouvel État d’Israël.

    L’organisation historique de la Palestine en douze tribus est représentée tout au long du tableau par les douze symboles jaunes, un pour chacune des douze tribus. Disséminés entre les quatre colonnes verticales, ces signes des tribus intègrent la composition tout comme les tribus qu’ils symbolisent représentaient le cœur de la nation de l’ancien Israël il y a longtemps.

    La série « Histoire visuelle des nations » se compose de neuf histoires visuelles magnifiquement illuminées et brillamment conçues, consacrées à des pays fondateurs et membres sélectionnés des Nations Unies. Cette série d’images a été commandée en 1945 par le philatéliste canadien Kasimir Bileski et initialement appelée « La série des Nations Unies ». Chaque estampe a été créée comme un frontispice et une page de titre exquis pour un album international unique de timbres. Toutes les images reflètent le génie artistique du plus grand enlumineur miniaturiste du XXe siècle.

    Sur les quelque soixante images colorées et très détaillées commandées par Bileski, seuls neuf pays ont été achevés et imprimés avant la mort subite de Szyk en 1951.

    Définitions

    Selon l’Académie Française

    « I. Anciennement.
    Groupe de personnes possédant une origine commune. Spécialement en religion : marque de domaine. Parfois avec la majuscule. Les nations, nom par lequel on désigne dans l’Écriture les peuples païens, par opposition au peuple élu.

    II. Communauté dont les membres sont unis par le sentiment d’une même origine, d’une même appartenance, d’une même destinée. »

    Selon le Lexique des termes juridiques 32e édition 2024-2025 − Dalloz

    « Nation [Droit constitutionnel] Groupement humain dont les membres ont entre eux des affinités tenant à des éléments communs à la fois objectifs (origine ethnique, langue, religion, mode de vie) et subjectifs (histoire commune, sentiment de parenté spirituelle, désir de vivre ensemble) qui les unissent et les distinguent des autres groupements nationaux. L’intensité de ces liens de solidarité nationale a conduit à la formation de l’État-nation ; forme d’État dont la pratique montre qu’il assure seul une continuité véritable (cf. les problèmes de l’ex-URSS ou de l’ex-Yougoslavie, ou encore la réunification allemande). »

    Selon le Dictionnaire du vocabulaire juridique 2024 − 15e édition − LexisNexis

    « [Relations internationales] Communauté humaine solidaire, partageant une histoire, des valeurs, des croyances, une culture, (…), et pouvant être dispersée dans plusieurs États. »

    Nation — sens religieux

    En tradition religieuse, la « nation » désigne un groupe de personnes liées par une même origine divine ou spirituelle, souvent identifié comme les peuples païens de l’Écriture opposés au peuple élu. Elle renvoie à une communauté marquée par une foi ou une croyance commune, parfois exprimée par une majuscule (« Les Nations ») pour souligner son caractère sacré.

    Nation — sens juridique

    Dans le droit constitutionnel, la nation est un groupement humain dont les membres partagent des éléments objectifs (origine ethnique, langue, religion, mode de vie) et subjectifs (histoire commune, sentiment de parenté spirituelle, volonté de vivre ensemble). Ces liens de solidarité constituent la base de l’État‑nation, c’est‑à‑dire d’un État qui se veut l’expression politique unique et continue de cette communauté.

    Définition générale

    De façon plus large, la nation est une communauté humaine solidaire qui partage une histoire, des valeurs, des croyances et une culture communes. Elle peut s’étendre au-delà des frontières étatiques, regroupant des populations dispersées dans plusieurs États tout en conservant un sentiment d’appartenance collective.

    Ainsi quand le mot sera utilisé avec un « N » majuscule, il faudra entendre la Nation comme un peuple réuni autour d’une foi ou d’une croyance en opposition au peuple élu. À défaut d’une majuscule cela renverra à un groupe partageant des éléments communs qui les unissent et les distinguent des autres groupes nationaux.